Les grues mobiles sont des engins de levage mécaniques essentiels dans le BTP, la logistique et l’industrie. Elles se déplacent par leurs propres moyens (roues, chenilles ou porteur routier) et combinent mobilité et capacité de levage. Une grue mobile est « un appareil de levage mû mécaniquement travaillant en porte-à-faux, avec une flèche orientable, susceptible de déplacements autonomes d’un point à un autre».
Grâce à cette mobilité, une grue mobile arrive rapidement sur chantier et s’installe sans infrastructure fixe. Les secteurs d’utilisation sont nombreux : construction (BTP), industrie, transport (manutention de conteneurs, matériaux), énergie (implantation d’éoliennes, centrales nucléaires), logistique urbaine, etc. Par exemple, on l’utilise pour le montage de structures préfabriquées sur des chantiers, la manutention en entrepôt, ou même en divertissement (spectacles aériens). Comme le souligne un spécialiste, « les grues sont des équipements essentiels dans le BTP, l’industrie et la logistique ». L’article suivant présente les principaux types de grues mobiles, leurs atouts et limites, et guide le choix de la grue adaptée à chaque besoin.
Principaux types de grues mobiles
Grue sur camion (camion-grue)

Les camions-grues (ou grues sur porteur) combinent un camion routier et un bras de levage intégré. Ils embarquent la grue sur leur châssis, souvent au repos entre le plateau de chargement et la cabine. Un camion grue permet de transporter, charger et décharger des marchandises en un seul déplacement. Comme l’explique Webfleet, « un camion grue est un engin de levage de type camion porteur disposant d’une grue auxiliaire (aussi appelée bras de grue ou grue de chargement) »webfleet.com.
Ce format tout-en-un assure un gain de temps : on peut charger le camion, le transporter sur site puis utiliser la grue immédiatement. Les modèles de porteurs varient du petit porteur 2 essieux jusqu’aux poids lourds à 5 ou 6 essieux. Ils offrent généralement une bonne maniabilité et sont homologués route, ce qui simplifie les relèves et les déplacements inter-chantiers. Leur flèche est souvent articulée (bras à charnière) ou télescopique pour une extension rapide. On installe rapidement les stabilisateurs hydrauliques avant levage pour assurer l’équilibre.
Grue tout-terrain
Les grues tout-terrain sont spécialement conçues pour évoluer en dehors des routes. Elles reposent sur un châssis tout-chemin muni de gros pneus tout-terrain (généralement 4 roues motrices et directrices)vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.cacnxjcm.com. En pratique, une grue tout-terrain combine mobilité routière et capacité hors-route : elle peut atteindre des sites éloignés sans besoin de transport par remorque. La grue tout-terrain monte sur 4 à 8 essieux, très robuste, et dispose de stabilisateurs hydrauliques pour soulever de lourdes charges. Elle est équipée d’une flèche télescopique longue, lui permettant d’atteindre des hauteurs importantes. Selon XJCM, « la grue tout-terrain est conçue pour fonctionner dans des conditions hors-route et sur terrain accidenté », avec pneus géants et stabilisateurs garantissant « une excellente stabilité sur des surfaces inégales »cnxjcm.com. Ce type est donc idéal pour les chantiers forestiers, carrières, gisements miniers ou en montagne, où un sol meuble ou accidenté empêche d’autres grues mobiles de circuler.
Grue sur chenilles

Les grues sur chenilles (ou grues sur rails en acier) sont montées sur un train de chenilles (similaire à un engin de chantier). Leur conception offre une stabilité supérieure sur sol mou ou accidenté. Les chenilles larges répartissent le poids, ce qui permet de travailler sur terrains boueux ou instables. Par exemple, une grue sur chenilles peut opérer dans une carrière sans besoin de sol stabilisé. Ces grues embarquent souvent d’énormes contrepoids et des structures lourdes : elles offrent une capacité de levage élevée – bien supérieure aux camions-grues – et peuvent soulever des charges extrêmes.
Comme l’explique Intergrues, « les grues sur chenilles sont montées sur des chaînes en acier, leur permettant d’opérer sur des terrains accidentés ». Leur flèche, télescopique ou à treillis, peut dépasser 100 mètres pour les modèles les plus puissants. En contrepartie, les grues sur chenilles sont peu rapides et ne circulent pas sur route par elles-mêmes (souvent transportées sur plateau). Elles sont donc privilégiées sur un chantier unique nécessitant de très gros efforts de levage (construction de ponts, panneaux préfabriqués, installation de plateformes pétrolières, etc.).
Grue télescopique
Une grue télescopique est un mobile dont la flèche est composée de sections qui coulissent. Ce design permet d’allonger ou de rétracter rapidement la flèche. Sur les modèles sur porteur (camion-grue ou tout-terrain), on parle souvent de grue mobile automotrice à flèche télescopique. Les grues télescopiques sont appréciées pour leur déploiement rapide et leur portée variable : en quelques minutes on passe de longueur minimale à maximale. Leur cabine offre en général une bonne visibilité sur la charge.
Liebherr souligne que leur longue flèche télescopique « atteint facilement et rapidement de grandes hauteurs de travail »liebherr.com. Sur route, ces grues peuvent circuler chargées ou partiellement étendues, ce qui accélère les manœuvres. Elles sont courantes sur chantier car polyvalentes : adaptées aux besoins courants de levage (équipements BTP, installations industrielles, etc.). Elles restent limitées en capacité par rapport aux géantes à treillis, mais sont nettement plus mobiles. De nombreux constructeurs proposent aussi des versions tout-terrain à flèche télescopique, combinant mobilité 4×4 et rapidité du télescopage.
Grue à flèche treillis
Les grues à flèche treillis (ou grues à flèche rigide) ont une flèche construite en treillis métallique. Ce type de structure triangulée est très léger et robuste : une flèche treillis peut atteindre des longueurs extrêmes sans se plier. Ainsi, les grues à treillis proposent les plus grandes capacités de levage parmi les mobiles. Comme le note Batiproduits, « la grue à flèche treillis […] peut atteindre des capacités de levage stupéfiantes : jusqu’à 3 000 t pour les plus grosses »batiproduits.com.
Elles sont généralement utilisées pour des charges exceptionnelles (génie civil, démantèlement nucléaire, grands travaux). Toutefois, leur montage est plus long (car il faut assembler les tronçons de treillis) et elles sont souvent « lentes mais puissantes ». Les plus grands modèles sont montés sur chenilles ou sur porteurs multi-essieux, et nécessitent de gros contrepoids. En plus des « super-lifts » (flèche principale très inclinée) certains modèles disposent d’une deuxième flèche (derrick) à l’arrière pour accroître encore la capacité. On rencontre aussi des grues treillis plus petites sur porteur pour travaux lourds en BTP.
Mini-grue (grue compacte)
Les mini-grues (souvent de type « araignée ») sont de petits portables télécommandés conçus pour les espaces très réduits. Elles disposent généralement de chenilles étroites, pliables en position de transport, et d’une flèche télescopique ou articulée. Ces grues mobiles compactes peuvent entrer dans les halls ou passer par les fenêtres pour des travaux intérieurs, où une grue classique ne pourrait pas s’installer. Malgré leur taille, elles atteignent plusieurs tonnes de capacité (par exemple 2 t à 8 t pour des mini-grues courantes) et 10–20 m de hauteur.
D’origine japonaise, la mini-grue est devenue « un engin indispensable pour les professionnels du BTP » dans les espaces exigus. Elle sert à poser des vitrages, des éléments de charpente, installer des machines en usine, etc. Sa compacité (largeur inférieure à 2 m une fois repliée) et ses stabilisateurs articulés font sa force. En revanche, son faible gabarit et sa radiocommande impliquent moins de vitesse et souvent un coût à l’achat élevé. Les loueurs notent que cet engin innovant « coûte aussi cher » à l’acquisition et en maintenance. C’est pourquoi la mini-grue est souvent réservée aux utilisations ponctuelles où rien d’autre ne peut passer.
Autres types spécifiques
Il existe enfin des grues mobiles spécialisées. Par exemple, les grues portuaires mobiles sont utilisées dans les terminaux conteneurs : elles combinent la légèreté d’une grue mobile avec la capacité de manipuler des conteneurs, sur portiques ou sur chenilles adaptées aux docks. De même, la grue ferroviaire circule sur rails et sert aux travaux d’entretien ferroviaire.
Certaines grues mobiles sont conçues pour les environnements extrêmes (grandes montagnes ou milieux polaires) et disposent d’équipements spécifiques (chauffage, pneus spéciaux…). Par exemple, des entreprises comme Sersa emploient des grues sur voie métrique pour monter des composants le long de voies étroites. Ces grues ferrées sont particulièrement adaptées aux rayons de courbure serrés des lignes de chemin de fer grâce à des stabilisateurs spéciaux (ne souhaitant pas tourner brusquement).
Avantages et inconvénients
Voici un aperçu des points forts et des limites de chaque type de grue mobile :
- Grue sur camion (camion-grue) – Avantages : très flexible et mobile, prête à intervenir dès arrivée (transport + grue intégrés). Excellente polyvalence sur route et en environnement urbain. Inconvénients : capacité de levage limitée par la taille du porteur et les réglementations routières, moins stable hors route, taille de flèche restreinte pour respecter le gabarit routier.
- Grue tout-terrain – Avantages : excellente capacité de franchissement (4×4 et 4×4 directrices), grande stabilité sur terrain accidenté grâce à de nombreux essieux et stabilisateurs. Capacité de charge élevée, peut conduire de lourdes flèches télescopiques. Inconvénients : machine très lourde et encombrante, coût élevé et consommation importante. Ne peut rouler hors-route qu’à faible vitesse et nécessite souvent des permis spéciaux pour circuler sur route.
- Grue sur chenilles – Avantages : stabilité maximale sur sol meuble (grande surface d’appui), très grande capacité de levage (gros contrepoids possible). Idéale pour les charges extrêmes et les sols instables. Inconvénients : ne circule pas par elle-même sur route (transportée par remorque), très lente hors-site. Montage et démontage lourds, moins adaptable aux petits chantiers.
- Grue télescopique – Avantages : déploiement rapide de la flèche, hauteur de levage ajustable en quelques instantsliebherr.com. Bonne portée en extension, mobilité sur voie publique (notamment les porteurs télescopiques « autonomes »). Particulièrement précise et maniable lors des levages légers à moyens. Inconvénients : capacité plus faible que les grues treillis de même gabarit. Stabilité relative réduite quand la flèche est totalement allongée (portée limitée).
- Grue à flèche treillis – Avantages : capacité de levage très élevée (les plus grandes peuvent soulever des milliers de tonnes), flèche très longue et légère. Solide sur charges lourdes, idéale pour travaux de grande envergure. Inconvénients : installation longue (empilage des tronçons), machine lente à calibrer. Encombrante, peu maniable en espace urbain ou de faible hauteur. Usage spécialisé (travaux lourds, moins polyvalent sur chantier classique).
- Mini-grue – Avantages : exceptionnelle compacité et adaptabilité aux espaces confinés (intérieur de bâtiment, zones étroites). Polyvalente : peut travailler en intérieur comme en extérieur sur des surfaces diverses. Inconvénients : investissement très coûteux pour une machine de petite taille, capacité limitée (quelques tonnes max). Moins rapide sur le levage longue distance, et sa petite taille la rend moins efficace sur de très lourdes charges comparées aux grues standards.
Chaque type présente donc des compromis. Globalement, la mobilité et la rapidité d’installation sont les atouts majeurs des grues mobiles, tandis que leur inconvénient principal est la capacité (ou le coût) lorsque les charges deviennent extrêmes.
Domaines d’application spécifiques
Les grues mobiles interviennent dans de très nombreux contextes :
- Chantiers de construction (BTP) : levage de poutres, éléments préfabriqués, bétonnières, étaiements, placement de cheminées industrielles, etc. (ex. montage de grues à tour, ponts et viaducs, bâtiments multi-étages).
- Manutention lourde : dans l’industrie lourde (sidérurgie, cimenterie), pour installer ou déplacer des machines-outils, transformateurs, chaudronneries. Portuaires, où des grues mobiles embarquées sur portiques gèrent les conteneurs et charges lourdes sur les quais.
- Zones urbaines et logistique : travaux en centre-ville (ruelles étroites, parkings, toitures, façades), manutention en entrepôts (camions à livraison, conteneurs urbains). Les camion-grues, mini-grues et camions porteurs sont très répandus en milieu urbain pour leur faible encombrement.
- Infrastructure et génie civil : pose de lignes à haute tension, renouvellement de rails ferroviaires (grues sur rails dédiées), maintenance d’éoliennes ou de téléskis, travaux de viaducs. Par exemple, un fabricant note que les grues sur voie permettent de « monter et démonter des composants de voies de poids importants, même sur des chantiers non accessibles par la route ».
- Milieux extrêmes : îles, zones arctiques/montagneuses ou des sites sensibles (nucléaire, sites classés) où des grues spécialisées sont requises. On peut citer des grues à grands pneus pour le désert ou avec moteur spécial pour le froid extrême.
- Situations d’urgence : secours (renflouage de train ou de camion, déblaiement après accident), levage rapide sur accident ou démolition.
Ces exemples illustrent la polyvalence des grues mobiles. Intergrues souligne que elles permettent le « levage de charges lourdes sur des chantiers de construction », l’« intervention sur des zones difficiles d’accès », et le « déplacement de conteneurs et de matériaux en milieu industriel ». Ainsi, chaque type de grue trouve un domaine d’application où il excelle.
Comment choisir le bon type de grue mobile
Plusieurs critères déterminent le choix d’une grue adaptée :
- Type de terrain : sol dur, instable ou accidenté ? Les all-terrain et sur chenilles sont préférables sur sols meubles (boue, gravier, terrain montagneux). Les camions-grues ou grues automotrices conviennent aux chantiers plats et urbains.
- Charge à lever : poids et dimensions de la charge. Pour des charges très lourdes (> 100 t), on se dirigera vers une grue treillis ou une grue sur chenilles d’énorme capacité. Pour des charges plus modestes (quelques tonnes), un camion-grue ou tout-terrain suffit.
- Hauteur et portée requises : la longueur de flèche nécessaire (hauteur sous crochet, déport horizontal). Les grues télescopiques offrent une bonne hauteur variable, tandis que les treillis fournissent de grandes portées fixes. On doit vérifier les courbes de charge et le rayon de travail.
- Accessibilité et espace disponible : dans un espace étroit, seuls les camions-grues compacts, les mini-grues ou un tout-terrain léger peuvent opérer. Sur un vaste site sans restriction, les plus gros modèles peuvent être envisagés.
- Mobilité nécessaire : distance à parcourir sur route entre chantiers. Si plusieurs déménagements sont prévus, une grue automotrice (tout-terrain ou sur porteur) sera plus rentable qu’une grue sur chenilles transportée par remorque.
- Budget et coûts : le coût d’achat, de location ou de transport peut être décisif. Les grues sur chenilles haut de gamme valent plusieurs millions d’euros, alors que des modèles plus petits coûtent nettement moins. Le groupe Schubel rappelle que « le choix du matériel dépend des caractéristiques de la charge à lever, de l’environnement de travail, de la hauteur de levage requise et d’autres considérations »groupe-schubel.com.
- Disponibilité et rapidité de mise en œuvre : si le chantier est urgent, on privilégiera une grue rapidement déployable. Les camions-grues et tout-terrain se positionnent et se calent en quelques minutes, contrairement aux télescopiques lourds qui demandent un long calage ou aux treillis qui exigent montage.
En résumé, on évalue le sol, la charge, la performance requise et le budget pour sélectionner la grue la plus appropriée. Il est souvent conseillé de faire appel à un spécialiste pour vérifier les contraintes spécifiques au projet (gabarit, permis de circulation, etc.), voire d’étudier la grue sur site avec un bureau d’études. Des entreprises de levage offrent ce conseil, voire la formation d’opérateurs pour optimiser le choix et l’utilisation des grues.
FAQ
- Quelle est la grue mobile la plus puissante ? À ce jour, la grue mobile la plus puissante jamais construite est la Liebherr LTM 11200‑9.1. Cette grue sur porteur à 9 essieux, dotée d’une flèche téléscopique record, peut soulever jusqu’à 1 200 tonnes.
- Combien coûte une grue mobile ? Le prix varie énormément selon la taille et l’âge. En occasion, les tarifs vont de quelques milliers d’euros (mini-grue d’entrée de gamme) à plusieurs centaines de milliers pour de grands modèleseurope-tp.com. Europe-TP indique un prix d’appel d’environ 3 000 € et un prix moyen autour de 175 000 € pour une grue mobile d’occasioneurope-tp.com. Neuf, les grosses grues tout-terrain ou sur chenilles se chiffrent en millions d’euros. En location, on parle de quelques centaines d’euros par jour pour une grue de 40–60 t, et bien plus pour des engins de 100–300 t.
- Peut-on louer une grue mobile avec opérateur ? Oui. La plupart des prestataires proposent la location de grue avec opérateur grue inclus. Par exemple, le Groupe Schubel annonce explicitement : « Louez des grues mobiles de 40 à 300 T avec opérateur » pour vos levages. Les opérateurs sont qualifiés (CACES grue mobile en France) et peuvent être fournis par le loueur ou désignés par le client, selon la réglementation en vigueur.